jeudi 17 septembre 2015

Quelques haïkus

L'enfant fait des bulles

Le vent souffle vers le sud

Demain le soleil

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J'aimerai le feu

Et ses bruits et son odeur

Dehors, il pleuvra

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La terre sous mes pas

Mes souvenirs comme bagage

Au loin l'horizon

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Matin de soleil

Perdu dans les saisons froides

C'est lui qu'il faut croire

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Nuages qui nuagent

Vent qui vente et pluie qui pleut

Mais le vert brunit

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Odeurs de canelle

Chocolat et grenadine

Dimanche de crêpes

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Le pelage éteint

Gris, couleur de macadam

Un chat écrasé

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Les traces de tes pas

L'horizon de gris en gris

Ostende sous la pluie

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(hors série :)
Il traverse la route

Surprise, elle freine et dérape

Haïku du lapin

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lundi 11 mai 2015

Le destin est aveugle

Son handicap avait fait de Charles un homme prudent. Il savait que pour survivre aux dangers de la jungle urbaine, il lui fallait mettre toutes les chances de son côté. Il s'était ainsi fait tatouer son groupe sanguin au revers de la main. Il sentait encore les picotements en sortant de l'échoppe du tatoueur et sans doute en était-il un peu distrait car il s'engagea sur le carrefour sans prêter la moindre attention au signal.
L'automobile le faucha à la vitesse réglementaire de cinquante kilomètres à l'heure, envoyant du même coup sa canne blanche et ses lunettes noires dans la rigole. À l'arrivée de l'ambulance, Charles avait déjà perdu beaucoup de sang. Il eut cependant,  avant de sombrer dans l'inconscience un éclair de satisfaction à l'idée que sa prévoyance allait sans doute lui sauver la vie. Pourtant, il mourut peu après son admission à l'hôpital faute d'une transfusion adéquate, car aucun urgentiste ne pensa à donner aux quelques points qui marquaient  son poignet, le sens qu'ils avaient : AB+.